Gonzaï // Les copains d’abord

Il y a des bleds en province où le ciel est toujours gris, triste comme un clown pas très gai et bas comme une jarretière aussi sexy qu’une femme à barbe unijambiste.

Il y a des bleds en province où le ciel est toujours gris, triste comme un clown pas très gai et bas comme une jarretière aussi sexy qu’une femme à barbe unijambiste.

l 9accf69dd49f4fd8a7a2b12c84c68d1a YOUNG MICHELIN ::: Les copains dabordLe genre de bled où il fait mal vivre et où les mobylettes en culottes courtes tournent en rond autours de l’unique place du village en fumant un gasoil de très mauvaise qualité qui vous plombe le moral et vous retourne la tête ni une ni deux en démarrant en catimini sur une roue arrière empreinte d’une mélancolie sans nom. Les jeunes gens qui vivent là bas sont souvent tristes et désespérés et un poil nerveux surtout au niveau du menton. Certains portent des queues de cheval sur un cheveu gras au sébum douteux, d’autres portent des vestes et des pantalons en jean qui boudinent leur désespoir comme l’excroissance peu saillante d’un moule burne labellisé ras le cul. Les plus courageux jouent au foot le dimanche en buvant de la bière qui mousse à l’entrainement, et les autres, ceux qui détestent courir après un ballon qui bouge tous le temps, font de la musique mais en buvant de la bière qui mousse aussi.

Quand on a tout perdu ou presque, qu’on vit au milieu des mobylettes qui font vroum vroum sur les départementales de la loose et qu’il ne vous reste plus qu’une guitare, une boite à rythme et un micro, on peut décider de s’enfermer cahin-caha une semaine pour écrire des chansons comme ça, sans faire de plan sur la comète, histoire d’expurger son mal être pour le transformer en quelque chose de bien. Voire de très très bien.

Cette histoire, c’est un peu celle de Young Michelin. Un jeune groupe Français qui aime l’urgence, la spontanéité, les chansons tristes, les mélodies touchantes, un son Lo-fi et des mots simples qui font mouche en français dans le texte.

En concert à la prochaine soirée Gonzaï, la Gare aux Gorilles 75019 Paris, le 29 janvier 2010.

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