Green Room Session // Young Michelin : Pop de Chambre (à air)

En quatre titres, La France des trentenaires indé regarde dans le rétroviseur, avec des synthés en guise de GPS. La surprise du printemps, c’est Young Michelin.

Jantes ordinaires et autres enjoliveurs du quotidien, Young Michelin débarque pour vous faire joliment crisser. Sans vraiment mettre la gomme, cette petite troupe vient de pondre un premier EP tout en dérapages contrôlés. Rangeons donc la R12 sur le bas-côté, tirons ensemble le frein à main, et écoutons un pneu ce qu’il a dans le ventre.

Premières impressions : le clavier et la guitare n’ont pas connu la chute du mur de Berlin, la batterie s’est déguisée en boîte à rythmes et l’ensemble semble parfois flirter avec Indochine. Sauf qu’au détour d’un morceau (« Je suis fatigué »), le désenchantement vous tombe dessus sans prévenir : « Partez sans moi je suis couché, la fin du monde est annulée, oh moi je suis fatigué ». Bouhhh…

Young Michelin, c’est gonflé!

Voilà le genre de surprises qui vous attend, à vous promener au bord de cet EP funambuliste. Qui ose un « Elle m’oubliera » tout en contraste : tandis que la section rythmique s’emballe et que la guitare lâche les chevaux (fiscaux), le texte déroule une mélancolique chanson d’amour que personne ne critiquerait si elle était chantée en anglais. Manque de bol, Young Michelin ose le premier degré à la française et vos cœurs brisés il y a 20 ans vont venir taper à la portière. Même topo avec « Obscène » : vous aurez beau intimer à votre raison de filer dans sa chambre, vous continuerez d’écouter ce truc tout droit sorti d’un transistor avec la molette qu’on tourne pour trouver les stations. Comment dit-on adulescent en anglais ? Young Michelin, évidemment.

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